Jean-Luc Siméon

Il est plus particulièrement intéressé aux pays soumis aux catastrophes naturelles, cyclones, inondations, tsunamis, glissements de terrain ou éruptions volcaniques qui voient leurs dispositifs de prévention et d’alerte bouleversés par le changement climatique.

Il produit des données et des analyses sur le cas de l’ouragan Katrina (cf. Colloque ESF-IZF) dont les vidéos sont en ligne sur notre site.

Présentation de sa thèse

"CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET DÉVELOPPEMENT DURABLE OPÉRATIONNEL DANS LE CADRE DE CRISES ENVIRONNEMENTALES : Exemple de l’ouragan Katrina et du HotSpot de la Guadeloupe en 2005"

Le choix des deux terrains de recherche a été motivé, par deux évènements graves qui se sont produits en 2005. Tout d’abord, la tragédie humaine et environnementale qu’a vécu la Nouvelle-Orléans le 29 aout 2005 suite au passage de l’ouragan Katrina. Et d’autre part, par la découverte des ravages causés par le HotSpot à la faune marine, dans le Grand Cul-de-Sac Marin de la Guadeloupe, entre juillet et octobre 2005. Mener des études sur ces deux terrains et traiter de sujets différents, climatiques et sociaux, mais cependant bien liés, a nécessité de faire appel à des outils analytiques adaptés à chacun.

La région des Caraïbes jusqu’au Golfe du Mexique ou jusqu’à la côte est des Etats-Unis d’Amérique est confrontée à de nombreuses catastrophes environnementales, telles que les ouragans, inondations, sécheresses, tornades et hotSpots. Les ouragans qui s’abattent sur le Golfe du Mexique prennent naissance dans l’océan Atlantique et peuvent emprunter deux itinéraires. Soit ils traversent les Caraïbes, puis se déplacent vers le Canal du Yuccatan jusqu’au Golfe du Mexique, ou encore ils circulent le long des côtes atlantiques de Haïti, Puerto-Rico, jusqu’au delta de la Floride. Ils peuvent dès lors se diriger vers le Golfe du Mexique ou aller en direction de la côte est comme l’a montré récemment l’ouragan Sandy, le 1er novembre 2012. Ils peuvent alors être confrontés à divers phénomènes annexes, naturels ou anthropiques, susceptible d’agir sur leur formation et leur puissance. L’ouragan Katrina qui s’est abattu sur les états de l’Alabama, du Mississippi et de La Louisiane a particulièrement affecté la ville de La Nouvelle-Orléans, provoquant des désordres de tout ordre ainsi que des conflits institutionnels, et de personnes. Dans les Caraïbes en revanche, et en particulier en Guadeloupe, le HotSpot n’a pas fait l’objet d’annonce, les dégâts ont été cependant considérables.

L’hypothèse que je propose dans ce travail de recherche consiste à dire que dans le cas d’une gestion d’un ouragan, catastrophe environnementale de grande ampleur, il convient, de manière générale, de prendre en compte les facteurs annexes. Cela se ressent dans le mode de gestion de l’ouragan. Je vais donc m’appuyer sur ces deux phénomènes d’autant que les deux terrains d’étude sont relativement proches. Je vais démontrer, d’une part, que les ouragans ne sont pas des phénomènes qui se produisent de manière isolé et qu’ils peuvent être influencés par des phénomènes climatiques et anthropiques complémentaires. D’autre part, penser une gestion des ouragans sans prendre en compte les phénomènes associés, notamment écologiques et sociaux, conduit aussi à une mauvaise gestion de la crise qui suit la catastrophe. Ainsi, qu’ils s’agissent de facteurs environnementaux, ou anthropiques, la non prise en compte des interactions entre ces facteurs peut fausser l’appréciation qu’on a de l’importance de la catastrophe et aboutir à des dysfonctionnements dans le mode de gestion sociale par la suite. A ce titre, l’analyse de la gestion humaine de l’ouragan Katrina est un parfait exemple. Si ce postulat se vérifie, la gestion sociale et humaine de la catastrophe répond aux mêmes principes, de prise en compte de facteurs globaux, que ceux liés à la gestion du phénomène climatique.

La crise provoquée suite à la mauvaise gestion humaine et sociale de l’ouragan, a remis en question un certain nombre de valeurs, bouleversant même l’idée d’un Etat super puissant incapable de gérer des catastrophes environnementales graves. De plus, si elle a permit de mettre en évidence de nombreuses incompatibilités dans les dispositifs de gestion de crises environnementales, elle a aussi révélé un certain manque d’éthique de la part de certains acteurs publics, tel que les médias, et le monde juridique. Elle a cependant démontré la capacité d’auto prise en charge des populations face à l’adversité. Dès lors que l’on aborde ce type de catastrophe de manière plus globale, il est possible de proposer des pratiques de développement durable basées sur des recommandations dans le cas de gestion publique de catastrophe de type ouragans.