Le changement climatique est un problème mondial majeur qui lie par excellence le destin de l’homme avec celui de son environnement. Il nécessite de ce fait une réflexion systémique seule capable de mettre en évidence l’interrelation et l’interdépendance entre la qualité de l’environnement et la vie humaine. La question du changement du climat planétaire impose en effet de rompre avec la coupure sociologique fréquente entre l’homme et la nature. Elle impose de croiser les visions anthropocentrique et écocentrique afin de permettre une analyse et une compréhension (holistique) globale de cet enjeu seul capable d’aboutir à des scénarios d’action pertinents. La programme réunit des spécialistes de l’environnement, du développement durable et des spécialistes des migrations venant de disciplines différentes (science politique, droit, sociologie, géographie, aménagement) afin de produire une connaissance utile sur le comportement des gens touchés par des crises climatiques.
Les mouvements migratoires, transfrontaliers ou locaux de populations dus à des dégradations causées par le changement climatique ne relèvent pas d’un scénario de fiction, ni d’un avenir lointain. Ils se produisent certes à une échelle encore restreinte, sur le plan territorial, mais, déjà, rendent vulnérables des communautés entières et obligent les habitants à se déplacer de manière provisoire ou permanente pour assurer leur survie. Des exemples existent tant sur le continent asiatique et aux U.S.A. avec les phénomènes cycloniques, qu’aux îles du pacifique avec la montée des eaux ou en Europe avec les inondations et les incendies de grande ampleur du sud.
Sans attendre d’arriver aux estimations cataclysmiques évoquant des millions de réfugiés d’ici 2050, il est urgent d’étudier les mécanismes qui se mettent en place spontanément ou de manière programmée et qui permettent aux différentes sociétés touchées par ces crises d’y faire face. Si le changement du climat est d’ores et déjà inévitable (GIEC, 2007), la systématisation de l’expérience du présent est plus qu’indispensable pour penser les politiques publiques de demain.

