1/ Analyser une série de cas où l’on enregistre des déplacements de populations liés au dérèglement du climat en vue d’appréhender les mécanismes qui se mettent en place spontanément ou de manière programmée et qui permettent aux différentes sociétés touchées par ces crises d’y faire face. Nous considérons en effet que la systématisation de l’expérience du présent est indispensable pour l’élaboration des politiques de demain.
2/ Analyser l’espace international dont les diverses initiatives et cadres d’action influent sur l’émergence d’une gouvernance visant à protéger et prévenir les migrations climatiques. Nous considérons que le défi global imposé par le changement climatique fait que les politiques publiques locales et internationales se conditionnent mutuellement et se légitiment réciproquement. Il est dès lors indispensable de mener simultanément une analyse transcendant les particularismes territoriaux.
Partant des trois causes majeures de migrations climatiques : l’intensité accrue des tempêtes tropicales, des pluies et des inondations ; l’accroissement du nombre de sécheresses en liaison avec les risques de famine ; et l’élévation du niveau de la mer, nous avons choisi d’analyser les cas suivants :
trois cas portant sur des phénomènes de sécheresse :
incendies sauvages en Grèce,
crise rurale en Turquie,
insécurité alimentaire au Burkina Faso,
un cas portant sur le phénomène d’inondations à Anvers,
un cas portant sur la montée des eaux (Maldives)
un cas porte sur les phénomènes cycloniques exceptionnels (N. Orléans). Parallèlement, les cas sélectionnés portent sur des pays qui connaissent un développement très différent de leurs capacités providentielles et des systèmes assurantiels ce qui renforce l’apport de la démarche comparative.
Dans ce premier niveau analytique 3 axes d’interrogation sont retenus :
1/ La perception qu’ont les acteurs concernés par la crise climatique de leur vécu et l’impact des programmes d’éducation et de sensibilisation éventuellement mis en place sur le comportement de ces acteurs.
2/ L’interaction entre les politiques publiques élaborées par les autorités suite à la crise et les processus d’adaptation spontanée des populations.
3/ Les obstacles organisationnels et institutionnels locaux dans la gestion coordonnée des mouvements migratoires et de la lutte contre le changement climatique.
Dans le cadre du deuxième niveau analytique international trois axes d’interrogation transversaux sont également retenus :
1/ La place des migrations climatiques dans les négociations « Kyoto 2 ».
2/ Les questions de justification et de viabilité des protections juridiques.
3/ L’évaluation des programmes internationaux de prévention et d’atténuation des catastrophes et de secours d’urgence aux populations déplacées.
Une interaction continue existe en effet entre les expériences vécues au niveau local et les débats et instruments d’action proposés au niveau international. Non seulement les crises climatiques servent de base pour penser les systèmes globaux de prévention, d’atténuation et d’adaptation aux risques mais aussi les initiatives internationales servent de référence cognitive et gestionnaire pour penser et traiter les problèmes territoriaux. La complémentarité entre les deux niveaux analytiques est donc indispensable en vue d’aboutir à des constatations permettant d’améliorer les politiques publiques de gestion des impacts humains du changement climatique tant territoriales qu’internationales.

