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"Des « réfugiés-migrants » : Les parcours d’exil des réfugiés mauritaniens au Sénégal"

Marion Fresia
Marion Fresia est Professeure Assistante à l’Institut d’Ethnologie de Neuchâtel en Suisse. Ses recherches portent sur les dynamiques de changement social liées à un déplacement forcé et à une intervention humanitaire dans les pays du Sud. Elle a mené son doctorat sur les Haalpulaaren de Mauritanie réfugiés au Sénégal (2001-2005) et a travaillé au HCR en tant qu’experte associée entre 2005 et 2007. ELle est aussi Chercheure associée au Centre d’Etudes (...)

citation

Marion Fresia, "Des « réfugiés-migrants » : Les parcours d’exil des réfugiés mauritaniens au Sénégal ", N° 02. Terrains d’ASILES, octobre 2007, REVUE Asylon(s), url de référence: http://www.reseau-terra.eu/article675.html

résumé

A partir de l’exemple des Haalpulaaren mauritaniens réfugiés au Sénégal, cet article se propose d’illustrer comment, en adoptant une méthode de recherche empirique et une perspective historique, il est possible d’apporter un éclairage sur cette frontière floue entre migration « forcée » et migration « recherchée ». En nous situant tour à tour de l’intérieur puis de l’extérieur d’un site de réfugié, et en travaillant à l’échelle des cercles élargis de parenté, nous avons identifié au moins trois filières migratoires qui se sont constituées à partir des sites de réfugiés. Elles ont permis aux Mauritaniens de se reconstruire sans dépendre de la seule assistance humanitaire, en contournant les contraintes liées à l’ambivalence de leur statut de réfugié. Après avoir brièvement rappelé le contexte de leur arrivée au Sénégal et présenté la méthode de recherche utilisée, nous expliquerons comment ces filières se sont progressivement structurées suivant une logique de recherche de sécurité. Nous montrerons, en particulier, comment elles se sont inscrites dans des formes de mobilités plus anciennes caractéristiques des sociétés sahéliennes, tout en prenant une dimension particulière dans le contexte de l’exil et du droit d’asile.