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Livres choisis

Recueil Alexandries

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Didier Fassin

Les nouvelles frontières de la société française

présentation de l'éditeur

Didier Fassin , Les nouvelles frontières de la société française , Paris : La Découverte, 2010 : http://www.reseau-terra.eu/article1066.html

Parution : février 2010 - Éditeur : La Découverte - Pages : 600 - Format : 135 x 220 mm - ISBN : 9782707159427 - Prix : 28 €

Mots clefs

Au cours des dernières décennies, les frontières du territoire français se sont refermées pour celles et ceux, désormais indésirables, en provenance des pays non communautaires, qu’ils soient travailleurs, étudiants, demandeurs d’asile, enfants ou conjoints d’étrangers. Mais parallèlement à ce phénomène d’autant plus manifeste qu’il est devenu objet de surenchère politique, d’autres frontières moins visibles se sont constituées à l’intérieur de l’espace national. Raciales, ethniques ou religieuses, elles définissent des lignes de partage que la reconnaissance tardive des discriminations et la montée de revendications minoritaires ne permettent plus d’ignorer. Longtemps pensées séparément, les unes à travers la « question immigrée », les autres en termes de « racialisation », ces frontières extérieures et intérieures sont étroitement liées, tant dans les histoires familiales que dans les discours publics. Résultat de quatre années d’enquêtes menées par une équipe de sociologues, anthropologues, historiens, politistes, juristes, psychiatres et psychanalystes, cet ouvrage met au jour les transformations contemporaines des identités et des altérités dans la société française.

Directeur de l’ouvrage : Didier Fassin, professeur à l’Institut for Advanced Study de Princeton et à l’École des hautes études en sciences sociales, et dirigre l’Iris, l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (CNRS/Inserm/EHESS/université Paris-XIII).

Page de présentation du livre chez l’éditeur : LA DECOUVERTE

Commander le livre : DECITRE

Compte-rendu du livre sur Liens-socio.org : LIENS-SOCIO

Compte-rendu dans Sciences humaines : SCIENCES HUMAINES

Url de référence à l’Iris : IRIS

Contact à l’Iris sur ce livre : Anne-Claire Baratault (baratault@univ-paris13.fr)

Émission sur France Culture : LES MATINS et pour l’émission sur DAILYMOTION

Coups de cœur

des équipes de France Culture :

Essai de l’année 2010

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TABLE DES MATIÈRES

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Introduction. Frontières extérieures, frontières intérieures, par Didier Fassin

I / Généalogies et fondations

1. Aux sources de la question raciale. Doctrines racistes et domination sociale, par Gérard Noiriel

2. La barrière de la langue. Naissance de la condition d’assimilation linguistique pour la naturalisation, par Abdellali Hajjat

3. Invisibiliser par le logement. De Sonacotra à Adoma, par Marc Bernardot

4. La psychiatrie à l’épreuve de l’altérité. Perspectives historiques et enjeux actuels , par Richard Rechtman
  • Penser l’autre : des colonies à la migration
    • L’engouement classificateur : à la recherche de l’altérité
    • L’altérité psychique de l’indigène
    • De la question culturelle à la question migratoire
  • Soigner l’autre : des dispositifs dérogatoires pour migrants
    • Langue et accessibilité aux soins, le paradigme de l’universalisme pragmatique
    • Le relativisme néocolonialiste
    • La sociogenèse politique de la migration
    • L’essentialisme « a-politique » de la culture
    • L’immigré : nouvelle figure de la précarité
  • Conclusion

5. Plus blanc que blanc. Une étude critique des travaux sur la whiteness , par Bastien Bosa
  • La construction historique de la « blanchité »
  • La coloration de l’incolore : la catégorie « blanc » est-elle racialement neutre ?
  • La dimension politique et normative
  • Les limites des whiteness studies
    • Un travail centré sur les représentations
    • Le bien-fondé de l’utilisation du concept de whiteness
    • Où est la nouveauté ?
  • Conclusion

6. Ni race, ni racisme. Ce que racialiser veut dire, par Didier Fassin.

II /Politiques et pratiques

7. L’exportation de la xénophobie de gouvernement. De la politique européenne des frontières à la répression dans les pays limitrophes, par Jérôme Valluy

8. La famille sous contrôle. Le durcissement des politiques de regroupement familial, par Christel Cournil et Manuel Recio
9. Des policiers aux frontières. La gestion ordinaire d’un centre de rétention, par Franck Enjolras

10. Du refus à la requalification. L’ambivalente reconnaissance de la discrimination comme problème public, par Alexandre Tandé

11. Un consensus politique ambigu. La lutte contre les discriminations raciales, par Olivier Noël

12. L’origine est-elle discriminante dans la prise en charge de la déviance ? Une étude dans un service de psychiatrie pour adolescents, par Isabelle Coutant

III / MOBILISATIONS ET ACTEURS

13. Soutenir les familles sans papiers. L’engagement dans le Réseau éducation sans frontières, par Lilian Mathieu

14. Les frontières de la lutte. Une mobilisation locale en faveur des réfugiés, par Grégory Beltran

15. Passeurs d’histoire. L’inconfort des acteurs associatifs impliqués dans l’aide à la procédure d’asile, par Estelle d’Halluin

16. Les limites de l’hospitalité. Accueil et dépendance des demandeurs d’asile, par Carolina Kobelinsky

17. Manières d’être divers. Les stratégies partisanes de la « diversité » aux élections municipales de 2008, par Martina Avanza

18. Statistiques raciales ou racistes ? Histoire et actualité d’une controverse française, par Éric Fassin

IV / Expériences et résistances

19. L’intériorisation de la frontière sous menace d’expulsion. Le quotidien des étrangers en situation irrégulière, par Stephan Le Courant

20. Les corps-frontières.Atteinte physique et expertise médicale dans un centre de rétention administrative, par Nicolas Fischer

21. Les audiences du 35 quater. Une procédure de jugement à la frontière, par Chowra Makaremi

22. Compréhension et distanciation. Paroles de jeunes sur les émeutes de novembre 2005, par Samir Hadj Belgacem et Stéphane Beaud

23. Le vécu du racisme. Une étude de psychodynamique du travail auprès d’élèves aides-soignantes, par Lise Gaignard

24. Des Français paradoxaux. L’expérience de la naturalisation des enfants de l’immigration maghrébine, par François Masure

Liste des auteurs

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CHAPITRES CHOISIS

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Chapitres publiés en ligne avec l’aimable autorisation de l’auteur et de l’éditeur.
Copyright © 2010 La Découverte

Chapitre 4

La psychiatrie à l’épreuve de l’altérité. Perspectives historiques et enjeux actuels

Richard Rechtman

HAUT DE PAGE

Le début du XXe siècle marque un tournant décisif dans l’histoire du savoir psychiatrique contemporain. Après l’entreprise d’individualisation des différentes variantes de maladies mentales débutée aumilieu du XIXe siècle avec Jean-Pierre Falret (1794-1870) à l’hospice de la Salpêtrière, qui concrétise l’abandon de l’unicité de l’aliénation mentale au profit d’une perspective plus médicale centrée sur le diagnostic différentiel des affections mentales, c’està- dire admettant qu’il existe plusieurs façons d’être « fou », l’ambition d’une vaste classification se met en place1. L’idée, empruntée aux taxonomies de l’époque, consiste à répertorier, ordonner, et classer lesmultiples signes et symptômes des désordres mentaux regroupés en syndromes et en maladies en fonction de critères observables. C’est précisément ce dernier point qui est essentiel, dans la mesure où pour ces pionniers des classifications des maladies mentales, il s’agit d’abord de rompre avec l’illusion d’une étiologie unique des maladies – en l’occurrence l’aliénation – et par là même d’en récuser l’autorité comme principe classificateur, pour ensuite apporter la preuve concrète que l’observation clinique, quel que soit le lieu où elle se déroule, est le mode privilégié de la connaissance psychiatrique. Inutile donc de connaître l’étiologie et l’ensemble des causes intervenant dans le déroulement du processus pathologique pour ordonner et diagnostiquer les (...)

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Plus blanc que blanc. Une étude critique des travaux sur la whiteness

Bastien Bosa

HAUT DE PAGE

À la différence des États-Unis ou de la Grande-Bretagne, les questions « raciales » restent très largement un « impensé » scientifique pour les chercheurs français en sciences sociales et, de fait, les travaux en langue anglaise sur les questions de « race » restent, jusqu’à une période récente, mal connus en France1. Je voudrais combler en partie cette lacune en présentant un secteur de la recherche très dynamique aux États-Unis, mais dont on n’a reçu quasiment aucun écho en France : celui des études sur la whiteness. Le mot whiteness lui-même est d’ailleurs presque impossible à traduire (blancheur ? blanchité ? blanchitude ?) et ilme semble qu’il existe un malentendu qui tend à provoquer une méfiance a priori vis-à-vis de l’usage d’un tel concept : alors même que l’expression « whiteness studies » peut laisser penser que les auteurs qui se réclament d’un tel courant sont engagés dans une entreprise de réification ou, pire, de promotion de « l’identité blanche », la quasi-totalité d’entre eux revendiquent en fait une vision « constructiviste » qui vise à la fois à « déconstruire » et « dénaturaliser » la catégorie « blanc » (notamment par une démarche historique, mais aussi en en soulignant la diversité interne à cette catégorie) et à dénoncer les privilèges dont bénéficient les Blancs. Il s’agira donc dans ce texte de présenter à grands traits les orientations générales de ce courant aux États-Unis (...)

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