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"Solidarités et répressions envers les exilés : Le Maroc oriental sous pression de l’externalisation européenne de l’asile"

Jérôme Valluy
Jérôme Valluy (Dr. MCU, Hdr) est professeur de sociologie politique de l’action publique à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1), chercheur en sociologie du numérique au centre Connaissance, organisation et systèmes techniques-COSTECH de l’Université de Technologie de Compiègne (UTC), fondateur du réseau scientifique TERRA et du réseau scientifique (...)

citation

Jérôme Valluy, "Solidarités et répressions envers les exilés : Le Maroc oriental sous pression de l’externalisation européenne de l’asile ", REVUE Asylon(s), N°2, octobre 2007, Terrains d’ASILES, url de référence: http://www.reseau-terra.eu/article659.html

à propos

Ce document réunit trois textes produits dans le même contexte des rafles de subsahariens dans le Maroc oriental durant l’hivers 2006 / 2007. Une communication lors du colloque « Le Maroc oriental face aux migrations subsahariennes », organisé la Faculté de Droit de l’Université Mohammed I (Oujda, Maroc) en partenariat avec la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix Rouge et du Croissant Rouge et le Croissant Rouge Marocain de la Wilaya d’Oujda, 18 décembre 2006 à l’Université Mohammed I, Oujda. Un premier rapport au 6 janvier 2007 réalisé sur la base d’entretiens à Oujda les 2, 3, 4 et 5 janvier 2007 avec des victimes des rafles, des acteurs de solidarité, puis le 6 janvier en utilisant les informations de la presse marocaine et des listes de diffusion/discussion. Un deuxième rapport au 3 février 2007 établi à partir d’entretiens réalisés à Oujda du 27 janvier au 3 février 2007.

Jérôme VALLUY

"Contraintes et dilemmes des actions de solidarité avec les exilés subsahariens en transit au Maroc oriental dans le contexte créé par les politiques européennes d’externalisation de l’asile"

Résumé : La politique européenne d’externalisation de l’asile initiée à la fin de l’année 2002 et formalisée dans le "Programme de la Haye" de novembre 2004 vise à développer les "capacités d’accueil" des pays limitrophes de l’Union Européenne afin de réduire les entrées sur son territoire. La mise en oeuvre actuelle de cette politique conduit à renforcer le blocage policier et militaire des frontières en enrôlant les pays limitrophes dans cette démarche et à accroître leurs capacités de prise en charge, non seulement policière mais aussi humanitaire, des exilés en transit . Sur le versant humanitaire de cette politique, les organisations référées au droit d’asile et aux actions de solidarité se trouvent incitées politiquement et financièrement par la Commission Européenne à améliorer les conditions d’accueil des migrants subsahariens dans tous les pays du Maghreb. Ces organisations mais aussi l’ensemble des acteurs de solidarité (citoyens ordinaires, associations, églises...) se trouvent ainsi placés dans une situation très complexe et souvent délicate parfois même ambiguë, entre le projet humaniste et caritatif d’aider des personnes dans le besoin et le risque d’agir au service de finalités contraires, antimigratoires, qui sont celles de l’Europe. Cette tension est particulièrement observable dans la région orientale du Maroc (Oujda, Berkane, Nador) en raison de sa position stratégique sur la route migratoire, de sa proximité de la frontière algérienne, mais aussi en raison des caractéristiques sociologiques des milieux de la solidarité, plus autonomes qu’ailleurs et plus soucieux de trouver les modalités pratiques d’une aide aux exilés tout à la fois conforme aux traditions ancestrales d’hospitalité à l’égard des voyageurs de passage et indépendantes de ces nouvelles politiques publiques européennes dites de "capacity building". A cet égard, les acteurs de la solidarité dans le Maroc oriental conservent une autonomie d’action qui contraste fortement avec les démarches d’organisations marocaines ou européennes intervenant dans le centre du pays à l’aide de financements européens.

Lire le texte : IMG/doc/Valluy191206.doc


Jérôme VALLUY

"Rafles de subsahariens au Maroc à Noël 2006 - Rapport à l’association Migreurop"

Rapport au 6 janvier 2007 réalisé sur la base d’entretiens à Oujda les 2, 3, 4 et 5 janvier 2007 avec des victimes des rafles, des acteurs de solidarité, puis le 6 janvier en utilisant les informations de la presse marocaine et des listes de diffusion/discussion par Email notamment les informations diffusées par le forum du [Manifeste-euroafricain] ainsi que les forums et site de l’association Migreurop (Cf. dossier complet : http://www.migreurop.org/rubrique21... ) Ces entretiens et lectures ont eu lieu à l’occasion d’une mission de recherche programmée depuis novembre 2006 et réalisée dans le cadre du Programme de recherche ASILES (ACI du Ministère de la Recherche avec le réseau TERRA et le Centre de Recherches Politiques de la Sorbonne). Un grand merci à Mimoun Rahmani, secrétaire général adjoint d’Attac Maroc et auteur du premier rapport sur cette crise, le 30.12.6 (reproduit ci-dessous en ’annexe n°9) pour sa relecture attentive. Les imperfections et les erreurs éventuelles n’engagent in fine la responsabilité que de l’auteur.

Lire le texte : IMG/doc/VALLUY060107.doc


Jérôme VALLUY

"Chronique de la banalisation des rafles d’exilés et de l’usure des solidarités aux Maroc"

Rapport au 3 février 2007 établi à partir d’entretiens réalisés à Oujda du 27 janvier au 3 février 2007. Les rafles de subsahariens au Maroc à Noël 2006 ont fait l’objet d’un précédent rapport (http://www.reseau-terra.eu/IMG/doc/...) qui pourrait laisser croire à une opération ponctuelle de fin d’année. Les observations que l’on peut faire à la fin du mois de janvier 2007 montrent que, loin de constituer une action limitée, la campagne de rafles de Noël amorce une politique continue de rafles policières des subsahariens dans les villes du Maroc avec transfert vers la frontière orientale. Les « refoulements », dont personne n’ignore qu’ils sont suivis de retours immédiats, ont pour effet d’augmenter la population en transit à Oujda, Berkane et Nador. Les acteurs prenant conscience du caractère durable de ce processus, commencent à inscrire leurs actions respectives dans des perspectives de longue durée. Dans le Maroc oriental les ressources financières et humaines d’aide humanitaire d’urgence s’épuisent et sont voués à disparaître si des dispositifs pérennes de soutiens interassociatifs et internationaux ne sont pas mis en place.

Lire le texte : IMG/doc/VALLUY030207.doc