Réseau scientifique de recherche et de publication

[TERRA- Quotidien]
Accueil > Editions Du Croquant > Collection Terra > Loger les immigrés

TERRA-HN-EDITIONS

Collection SHS

retour à la liste des ouvrages
< 3/14 >

Loger les immigrés

La SONACOTRA 1956-2006

p. 352, 22 €
octobre 2008

Éditions du Croquant, Collection TERRA

ISBN : 978-2-9149-6844-7

| Commander en ligne |

à lire sur Terra

TEXTE INTÉGRAL EN ACCÈS LIBRE

TEXTE INTÉGRAL EN ACCÈS LIBRE
Marc Bernardot

Présentation de l'éditeur

Qui ne connaît les foyers SONACOTRA ? Ils sont en effet devenus emblématiques de l’immigration de travail en France. Mais que sait-on vraiment de ces foyers présentés comme lieux de toutes les différences ? Cet ouvrage propose, à partir d’entretiens, d’enquêtes de terrains et d’archives, une sociologie historique de la Société nationale de construction pour les travailleurs jusqu’à nos jours où la SONACOTRA est devenue ADOMA.

Cette société d’économie mixte a été créée par le ministère de l’Intérieur, soucieux de surveiller les Algériens présents en métropole durant la guerre d’Algérie. L’entreprise s’est imposée dans les années 1960 comme le laboratoire de l’habitat social, incontournable pour détruire les bidonvilles et réhabiliter les centres urbains, loger les ouvriers étrangers de l’industrie, des grands chantiers et des villes nouvelles. La SONACOTRA est ainsi devenue un acteur central de la politique d’immigration et a développé un modèle de contrôle social séparé pour les immigrés des anciennes colonies. Implantée nationalement, elle a construit et géré non seulement des foyers pour célibataires, mais aussi des cités d’accueil, des centres d’urgence, et des HLM pour les familles, jusqu’à devenir l’un des premiers opérateurs de logement en France.

Dans les années 1970 ce modèle paternaliste et raciste va entrer en crise et être remis en cause par ce qui restera la plus longue mobilisation politique des étrangers en France au XXe siècle. Depuis les années 1990, les foyers, stigmatisés par la presse et dans l’opinion, ont été intégrés dans la politique de lutte contre l’exclusion et d’accueil des demandeurs d’asile. L’archipel des foyers n’a pourtant pas disparu et reste un lieu central de la vie des immigrés en France.


Marc Bernardot est professeur à l’université du Havre. Spécialiste de sociologie historique de l’État, des migrations et du racisme, il a publié Camps d’étrangers aux éditions du Croquant (2008). Il travaille actuellement sur les transformations postcoloniales de la souveraineté. Site Web : M. Bernardot

Pour inviter l’auteur à présenter cet ouvrage en conférences publiques, rencontres en librairie ou autres formes de présentation : Email : cyberns@wanadoo.fr - Adresse postale : U.F.R. Lettres et sciences humaines, Université du Havre, 25, rue Philippe Lebon, 76086 Le Havre.

Mots clefs

PRESENTATION

Qui ne connaît les foyers Sonacotra ? Ils sont en effet devenus emblématiques de l’immigration de travail en France. Mais que sait-on vraiment de ces foyers présentés comme lieux de toutes les différences ? Cet ouvrage propose, à partir d’entre-tiens, d’enquêtes de terrains et d’archives, une sociologie historique de la Société nationale de construction pour les travailleurs jusqu’à nos jours où la Sonacotra est devenue Adoma.

Cette société d’économie mixte a été créée par le ministère de l’Intérieur, soucieux de surveiller les Algériens présents en métropole durant la guerre d’Algérie. L’entreprise s’est imposée dans les années 1960 comme le laboratoire de l’habitat social, incontournable pour détruire les bidonvilles et réhabiliter les centres urbains, loger les ouvriers étrangers de l’industrie, des grands chantiers et des villes nouvelles. La Sonacotra est ainsi devenue un acteur central de la politique d’immigration et a développé un modèle de contrôle social séparé pour les immigrés des anciennes colonies. Implantée nationalement, elle a construit et géré non seulement des foyers pour célibataires, mais aussi des cités d’accueil, des centres d’urgence, et des HLM pour les familles, jusqu’à devenir l’un des premiers opérateurs de logement en France.

Dans les années 1970 ce modèle paternaliste et raciste va entrer en crise et être remis en cause par ce qui restera la plus longue mobilisation politique des étrangers en France au XXe siècle. Depuis les années 1990, les foyers, stigmatisés par la presse et dans l’opinion, ont été intégrés dans la politique de lutte contre l’exclusion et d’accueil des demandeurs d’asile. L’archipel des foyers n’a pourtant pas disparu et reste un lieu central de la vie des immigrés en France.


TABLE DES MATIERES

HAUT DE PAGE

Introduction

Une gestion séparée des célibataires étrangers

La création d’un opérateur immobilier atypique (1956-1965)

  • Croissance des bidonvilles et guerre d’Algérie : aux origines de la Sonacotral
    • La situation du logement
      • Une situation migratoire spécifique aux Algériens
      • Deux projets en concurrence
    • Une configuration d’acteurs originale
      • Le processus de création de la Sonacotral
      • Entre rénovation urbaine et pacification coloniale
  • Quels foyers pour quels travailleurs ?
    • L’élaboration et le choix de la formule du foyer-hôtel
      • L’influence de Le Corbusier
      • La question de la gestion et des moyens financiers
    • La résorption des bidonvilles et la construction des foyers sont étroitement imbriquées
      • La Sonacotral devient l’organisme spécialisé dans la résorption des bidonvilles
      • La Sonacotral dépasse les difficultés d’acquisition des terrains en logeant d’autres populations
  • Conclusion : la pacification en métropole par la résorption des bidonvilles, une opportunité foncière pour la Sonacotra
    • Le poids du ministère de l’Intérieur
    • Les financeurs et la construction
    • Les logiques

De l’extension des domaines d’intervention à la crise du système des foyers (1966-1975)

  • Le développement du parc immobilier
    • Un acteur central de la rénovation urbaine
      • La Damur, outil d’aménagement et de pression sur les municipalités
      • Une stratégie foncière efficace permet de construire de nouveaux types de foyers et de logements familiaux
    • La Sonacotra s’engage dans l’aménagement urbain et du territoire
      • L’urbanisme opérationnel et ses détracteurs
      • De la rénovation urbaine à la résorption de l’habitat insalubre
  • Les crises d’une politique spécifique face à la mobilisation des usagers
    • La crise sociale et financière
      • La désaffection des foyers
      • Une grave crise financière
    • Quelle mission pour la Sonacotra après l’arrêt de l’immigration de travail ?
      • Les limites de la gestion centralisée
      • Que faire lorsqu’il n’est plus possible de construire ?
  • Conclusion : De la question algérienne à la question immigrée
    • Une implication préservée du ministère de l’Intérieur
    • La montée en puissance du ministère du Travail
    • Un ministère de l’Équipement actif
    • De l’hygiène à l’intégration

Comment banaliser l’archipel des foyers ?

Les gestions des crises et les transformations de la Sonacotra (1976-1986)

  • Une double gestion d’un problème devenu politique
    • La Sonacotra s’adapte aux revendications des usagers et expulse les grévistes
      • La constitution de la coordination des foyers en grève
      • Une gestion coloniale de la contestation : la « carotte et le bâton »
    • L’apparition de nouveaux soutiens aux résidents et la gestion de la crise par les pouvoirs publics
      • Médiatisation du mouvement et nouveaux soutiens
      • La gestion de la crise par les pouvoirs publics.
  • La fin de l’âge d’or : politisation, scission, exclusion
    • Décentralisation de la gestion et nouvelles équipes dirigeantes
      • Restructuration et menaces sur l’avenir de la Sonacotra
      • Le renouvellement des équipes dirigeantes
    • Du foyer de travailleurs au foyer de relégation
      • La transformation de la population des foyers et le mouvement de réhabilitation
      • La séparation du patrimoine : une privatisation silencieuse
  • Conclusion : Comment faire face à la fin de l’immigration de travail ?
    • Contrôle policier, contrôle social
    • Translation des logiques de solidarité, de l’immigré au défavorisé

Réhabiliter la Sonacotra ou rénover les foyers ? (1986-1992)

  • Bilan et ruptures dans la politique du logement des immigrés
    • Les réorientations de la politique du logement des immigrés
      • La transformation des besoins
      • Les interrogations des pouvoirs publics sur le coût de cette politique
    • La Sonacotra adopte une stratégie de rupture
      • La transformation de la clientèle
      • La situation de la société
  • Diversification et contestations
    • Une politique de diversification
      • Les « nouveaux marchés »
      • Tenter de transformer l’image et le fonctionnement de la Sonacotra
    • Retour à la case « immigration et pauvreté »
      • Les supports extérieurs de la contestation
      • La contestation interne
  • Conclusion : L’impossible rupture avec le foyer

Le retour de l’État et les nouveaux axes du développement de la Sonacotra (1992-2006)

  • La rénovation permanente comme solution d’invisibilisation des étrangers
    • La reprise en main par l’État
      • L’intégration de la Sonacotra dans les politiques de lutte contre l’exclusion
      • La Sonacotra connaît une nouvelle phase d’extension de son parc
    • Les axes de la nouvelle mission
      • Les mirages du passage des foyers de travailleurs aux résidences sociales
      • La Sonacotra : nouveau logeur des demandeurs d’asile
  • Les permanences rénovées
    • Le compte à rebours de la vieillesse immigrée
      • Une mutation démographique de grande ampleur
      • Une prise de conscience tardive du phénomène
    • Une image immuable
      • L’urgence sociale et l’humanitaire compassionnel
      • Une stratégie d’image qui bute toujours sur la présence immigrée et les faits divers

Conclusion : L’archipel des foyers peut-il disparaître ?

  • Un renouvellement profond des logiques
  • Une défaite institutionnelle des Affaires sociales

INTRODUCTION

HAUT DE PAGE

La « question du logement » a pris une place considérable dans les sociétés industrielles depuis 150 ans. Nous proposons de l’aborder sous l’angle particulier du logement pour isolés étrangers en France. Si l’on en croit certains travaux, il s’agit d’un objet difficile, voire impossible  [1]. En effet, une analyse scientifique de ces objets « logement » et « étranger », idéologiquement construits, est délicate et cela d’autant plus que « le logement des étrangers » les croise. C’est pourquoi nous avons choisi d’associer une problématique historique à une problématique sociologique. Pourquoi une problématique historique  ? Parce que l’étude de la structuration de ce marché immobilier spécifique sur une période longue  [2] paraît pouvoir enrichir l’analyse des interactions entre les pouvoirs publics et les promoteurs de cette politique publique de logement et les populations auxquelles elle est destinée en considérant ces interactions dans leur dynamique et leur réciprocité. Pourquoi une problématique sociologique  ? Parce qu’elle permet de saisir les effets de cette politique sur les populations concernées et apporte un éclairage inédit sur l’aménagement de la catégorie « immigré » par les politiques du logement et du cadre de vie. Ce point de vue est complémentaire de l’approche par les politiques de l’emploi et des flux migratoires  [3].

Cette double problématique en traverse d’autres qui relèvent de disciplines comme la science politique et l’urbanisme. Cet objet de recherche s’inscrit dans les histoires longues des rapports entre l’étranger et le citoyen, le célibataire et la famille, le logement collectif et le logement individuel, l’habitat provisoire et l’habitat pérenne. Toutes ces dimensions se rejoignent sur un point  : elles envisagent la place de l’ouvrier dans la nation et dans la ville  [4]. Dans le cas que nous nous proposons d’étudier, l’histoire coloniale française  [5] rend spécifique une question qui ne l’est pas ailleurs en Europe  : la question immigrée.

Le foyer de travailleurs migrants  : un exemple original de logement social

TABLE DES MATIÈRES

Le type d’habitat que constitue le foyer de travailleurs migrants est un exemple original de traitement de la concentration ouvrière par le biais du logement social  [6]. La solution que peut offrir le logement collectif pour des populations laborieuses, jeunes, masculines et nouvellement venues est le produit d’une histoire complexe. Dans le cadre du développement industriel de la France et de son urbanisation au XIXe siècle, l’option d’une concentration ouvrière dans un même lieu de vie s’opposait à celle d’une dispersion dans le tissu urbain. Un long débat eut lieu entre ceux pour qui la dangerosité des classes laborieuses interdisait toute velléité de regroupement de cette population et ceux qui, sur fond de considérations hygiénistes à propos de l’insalubrité et de risques d’épidémies, trouvaient nécessaire à la fois d’assainir les quartiers vétustes à des fins de police sociale et de fixer la main-d’œuvre à proximité d’un centre de production. L’effort public entrepris sous le second Empire en faveur de l’habitat bon marché, certes timide, ne s’est pas démenti jusqu’à nos jours. Pour les travailleurs migrants, les conceptions en matière de logement ont connu sensiblement la même évolution mais avec un décalage temporel car l’immigration contemporaine n’a pas vraiment été envisagée avant les années 1950 sous l’angle de ses conséquences en termes de logement mais seulement sous celui de la gestion de cette main-d’œuvre temporaire.

Le logement des célibataires, par opposition à celui des familles, est aussi marqué par une histoire particulière. Le célibataire est, du point de vue des pouvoirs publics et des entrepreneurs, une source d’inquiétude en raison de sa mobilité géographique et sociale. Le logement est envisagé en tant qu’instrument de sédentarisation, de séparation et de contrôle. La sédentarisation de la main-d’œuvre ouvrière est un moyen décisif pour l’employer durablement, le mariage étant le moyen le plus efficace pour retenir le travailleur. La séparation entre le célibataire et les familles est présentée comme indispensable pour les bonnes mœurs car il est perçu comme un corrupteur moral. Le contrôle est nécessaire d’un point de vue politique et sanitaire  : politique parce que le célibataire ouvrier, n’ayant rien à protéger, est sensible aux discours révolutionnaires  ; sanitaire parce que son mode de vie supposé dissolu est désigné par les hygiénistes comme un facteur de transmission de maladies épidémiques. L’homme isolé est, au XIXe siècle, une anomalie sociale qui doit être tenue à distance du logement familial. Appréhendé comme un individu indiscipliné et débauché, il faut lui affecter des « circuits spéciaux de déplacements  [7] » à l’intérieur des habitations.

Il faut attendre le début du XXe siècle pour voir apparaître en France un « habitat » de célibataire, des « hôtels populaires pour hommes  [8] ». Ce sont des initiatives privées qui promeuvent ces types d’hébergement collectif. Ces expériences se fondent sur des réalisations analogues en Angleterre, aux États-Unis, en Italie et en Autriche  [9]. En Angleterre, ces hôtels existent à Londres depuis 1892 et s’appellent les Rowton Houses, du nom de leur promoteur. À New York, le Mills Hôtel, construit en 1898, comprend 1554 chambres qui sont mises à la disposition des locataires à partir de 17 heures. À Milan, l’Albergho populare est construit en 1901 sur les bases des Rowton Houses. À Vienne, l’Hôtel Mannerheim reçoit 180 personnes et un office est proposé aux locataires, pour y préparer eux-mêmes leur repas.

À cette figure du célibataire s’ajoute déjà parfois celle de l’étranger, en l’occurrence, au XIXe siècle, le Belge, l’Italien ou le Polonais. Mais l’immigration des « coloniaux » donne une tout autre dimension à la question de la protection, du contrôle et de la sélection des migrants célibataires. Les craintes liées à la présence d’un étranger de l’intérieur, « indigène » des possessions lointaines, entraîneront inéluctablement l’intervention croissante de la puissance publique.

Pour les travailleurs étrangers, hormis quelques expériences de casernement au début du XXe siècle, par exemple au Creusot  [10] pour les ouvriers kabyles  [11], c’est la mobilisation des soldats et des ouvriers algériens pendant la Première Guerre mondiale qui fait émerger en métropole la question de leur contrôle et par là de leur logement. Gérée dans des camps durant le conflit par l’armée avec le service d’organisation des travailleurs coloniaux (SOTC)  [12], la démobilisation donne une dimension civile et policière au phénomène. En 1924 le conseil municipal de Paris et le conseil général de la Seine proposent la création d’une section des affaires indigènes nord-africaines à la préfecture de police, qui sera finalement constituée en 1925. Une commission administrative est chargée de s’occuper particulièrement des questions se rattachant à la protection des indigènes nord-africains de Paris et du département de la Seine. Les services sont installés dans une école désaffectée au 6, rue Leconte à Paris. En plus d’un système de surveillance identifiant, contrôlant et « protégeant », une branche d’assistance vise au placement de la main-d’œuvre, à la création de dispensaires antituberculeux et antivénériens. Une des activités de ce service est la gestion de foyers d’hébergement.

« Beaucoup d’immigrants sont sans abri. Les ignobles taudis où s’amassaient autrefois, par dizaines, les Nord-Africains, constituaient un dangereux scandale. Nos foyers fournissent des chambres saines et propres, où entrent l’air et le soleil, à des prix sensiblement inférieurs à ceux que pratiquent les hôtelleries ordinaires  [13]. » Par ailleurs, des foyers privés sont créés, avec l’aide de la Ville de Paris en 1931 à Paris, à Colombes et à Gennevilliers. Il s’agit de la « régie des foyers ouvriers nord-africains » dirigée par le secrétaire général de l’Institut musulman. Lors d’une délibération du conseil de la ville de Paris, le préfet de la Seine déclare  : « Nous voulons pour eux des abris spacieux, sains et, dans toute la mesure du possible, confortables. Actuellement la plupart d’entre eux s’entassent dans des réduits ignobles, réceptacles de misère et de vermines, sans air, sans soleil, où ils se succèdent sans interruption, selon la répartition horaire de leur travail. […] Nous voulons que nos sujets africains vivent ici proprement, honorablement, sans risques. Nous tâcherons qu’à défaut des soins et des consolations de la famille ils trouvent dans le milieu qui leur sera préparé, le réconfort élémentaire  [14]. »

Maisons communes et foyers communautaires en Europe

TABLE DES MATIÈRES

Existe-t-il des équivalents européens contemporains au système français des foyers de travailleurs migrants  ? Ce n’est historiquement le cas ni en Grande-Bretagne  [15] avec les conséquences domiciliaires de la loi sur les pauvres et de la loi Speenhamland, ni en Allemagne avec les lois « sociales » de Bismarck  [16] concernant le logement. Si nous considérons la période contemporaine, la France est le seul pays européen (la RDA a construit des foyers pour des travailleurs africains) qui a recouru à ce mode d’hébergement. Dans les années 1960 elle présente aussi la particularité des bidonvilles périphériques. Comment les autres pays européens ont-ils géré les concentrations ouvrières d’étrangers  ? Presque tous connaissent une situation de logement des immigrés  [17] marquée par deux aspects  : celui d’un habitat de mauvaise qualité et celui d’une concentration dans certains quartiers. Mais chacun de ces pays européens réagit en fonction à la fois des cultures politiques et des traditions nationales en termes de perception de l’étranger et des histoires du logement social.

En Grande-Bretagne, l’ancienneté de la politique de logement social donne à celle-ci une dimension d’exemplarité vis-à-vis des autres pays européens. Mais le modèle du foyer ne s’est développé ni pour les jeunes travailleurs  [18] ni pour les travailleurs étrangers. La gestion résidentielle des immigrants a été marquée depuis 1945 par une relative absence de politique coordonnée. Les immigrants du travail célibataires, Indiens, Asiatiques et ceux venant des Caraïbes, s’installent en Angleterre dans les années 1950 au moment où les programmes de destruction des taudis des centres-ville sont lancés. Les migrants deviennent progressivement propriétaires d’habitations de mauvaise qualité et se concentrent dans certaines zones urbaines, ce qui ralentit les programmes de réhabilitation. Malgré certaines initiatives publiques et locales d’affectation de logements sociaux et des procédures de relogement prioritaires pour les familles étrangères, d’importants phénomènes de concentration ont marqué leur processus d’inscription résidentielle, notamment pour les familles africaines  [19]. La politique libérale des dernières décennies laisse aux forces du marché la gestion du système de logement, ce qui accroît les processus de concentration et de discrimination  [20].

En Allemagne fédérale, c’est surtout dans les années 1960 que s’est développée une immigration de travailleurs étrangers (Gastarbeiter) à partir de multiples accords bilatéraux passés avec les pays d’origine afin de contrôler ces mouvements de populations. Comme en France pour les travailleurs venant des pays africains, cette force de travail était censée effectuer une rotation et s’en retourner au « pays » si les besoins de main-d’œuvre venaient à baisser  [21]. Ce sont essentiellement deux groupes nationaux qui ont alimenté ces courants migratoires  : les Turcs et les Yougoslaves  [22].

L’interruption de cette immigration en 1973 a été suivie par un mouvement considérable de regroupement familial. Les premiers travailleurs immigrés se sont, au départ, logés dans des habitations peu onéreuses autour des centres-ville dans des quartiers anciennement industriels en déclin, souvent promis à la rénovation. Dans quelques cas on trouve une prise en charge sous la forme du foyer communautaire. Ce type de construction est plutôt lié à des foyers d’usines gérés soit par les entreprises, soit par les municipalités. Le régime nazi avait déjà développé ce système sous la forme de maisons communes. Arrivant plus tard qu’en France, les grands programmes de construction de logement social des années 1970-1980 ont permis à des familles de travailleurs étrangers reconstituées de s’installer tout en générant des phénomènes de concentration et de ségrégation résidentielle  [23].

Dans tous les cas, la gestion résidentielle des migrants ne prendra pas dans les différents pays européens, comme aux États-Unis et au Canada, la dimension étatique et nationale qu’elle a prise en France. L’accès au travail y est favorisé au détriment de l’accès au logement. Certes, dans le cas des demandeurs d’asiles et des réfugiés, des centres d’accueil sont érigés sous l’égide des pouvoirs publics mais il ne s’agit pas véritablement de logements pour des travailleurs. Ils s’apparentent plus aux centres d’accueil pour demandeurs d’asiles (CADA) ou à des centres de rétention administrative (CRA).

Le cas particulier de la gestion résidentielle institutionnelle de l’immigration en France

TABLE DES MATIÈRES

Le mouvement simultané de décolonisation et d’immigration s’est accompagné en France du rapatriement institutionnel vers la métropole de la mémoire, des techniques et des personnels du traitement des terres et des hommes dans les colonies  [24]. L’histoire résidentielle des célibataires, kabyles notamment, est une illustration concrète de ce processus de translation. En effet pour loger les « indigènes algériens » présents en France, l’État a créé en 1956 une Société nationale de construction pour les travailleurs originaires d’Algérie (Sonacotral). Cette entreprise devait fournir des conditions résidentielles temporaires et au-dessous des normes de logement à des actifs seuls. Il s’agit d’un organisme de logement social d’un type particulier dont le statut juridique hybride de société d’économie mixte nationale combine la tutelle de plusieurs ministères et la présence d’acteurs privés au sein du capital. Pour appréhender cette politique spécifique de logement  [25], nous proposons de la replacer dans le cadre des logiques d’intervention de l’État dans ce secteur depuis le milieu du XIXe siècle. Différentes logiques d’action des pouvoirs publics se mêlent dans la définition et l’exercice de la fonction de logeur de travailleurs immigrés. Coexistent ainsi des logiques de contrôle social, d’aménagement du territoire et de solidarité nationale. Celles de contrôle social traversent toute l’histoire du logement ouvrier depuis le second Empire. Elles constituent le soubassement idéologique du contrôle politique, moral et sanitaire des populations ouvrières. L’État et le patronat cherchent à les intégrer et les surveiller dans l’espace de la ville. Les logiques d’aménagement du territoire visent à faire construire des foyers de travailleurs migrants partout où se fait jour un besoin de main-d’œuvre pour les sites industriels et pour la construction de logement pour les familles ouvrières de ces sites. Les logiques de solidarité nationale, plus récentes, visent à l’insertion d’une population dans la collectivité nationale via le passage par un sas d’adaptation, dans notre cas le foyer. Nous proposons d’étudier dans une perspective de sociologie historique comment se combinent ces trois sortes de logiques, lesquelles l’emportent sur les autres et à quel moment ou comment tantôt elles se neutralisent, tantôt se renforcent réciproquement dans la définition des missions de cette entreprise de gestion de foyers  [26].

La rareté des sources

TABLE DES MATIÈRES

Une étude d’ensemble sur le logement pour isolés apparaît utile en raison de la rareté des sources à ce sujet. Seules des recherches partielles abordent cette thématique et le plus souvent à travers des problématiques constituées telles que celles des politiques de logement, des migrations, des spécificités sociales des populations, de l’urbanisme. Les caractéristiques historiques des populations, dont les mouvements sociaux sont au croisement entre histoire des migrations et histoire du mouvement ouvrier, et des structures de l’entreprise gestionnaire, la Sonacotra, en font un objet d’étude particulier par les connotations politiques et militantes qu’il peut susciter. En fait, la plupart des recherches disponibles s’inscrivent dans trois grandes perspectives.

D’abord, celle de la dénonciation  [27] d’une situation et celle de prises de position découlant d’oppositions entre différents acteurs du champ social impliqués dans son traitement. Ensuite, celle de l’évaluation pratique des résultats dans le cadre de commissions d’études produites ou suscitées par les acteurs administratifs de la politique du logement ou de « l’intégration »  [28]. Enfin, celle des problématiques scientifiques telles que l’anthropologie ou la sociologie culturaliste, dont les points d’entrée dans cette thématique sont liés à des spécificités d’origine des usagers (nationalité  [29], ethnicité  [30], phénomènes sociologiques tels que le vieillissement  [31] ou la ségrégation urbaine  [32]). Les textes envisageant les foyers de travailleurs comme des objets sociaux autonomes sont relativement peu nombreux ou sont des monographies qualitatives consacrées à quelques foyers  [33]. Par ailleurs, les sources statistiques concernant le logement des travailleurs migrants sont très réduites et fragmentaires. La multiplicité des statuts des différents opérateurs administratifs du logement concernés (Caisse nationale d’allocations familiales, Fonds d’action sociale, différents ministères) et les discours polémiques font de ce type de logement et de ses usagers un objet difficile à appréhender.

La Sonacotra, genèse et structure de l’archipel des foyers de travailleurs

TABLE DES MATIÈRES

Nous avons utilisé une méthode d’investigation combinant des sources historiques, écrites et orales, c’est-à-dire l’examen des procès-verbaux de conseil d’administration de l’entreprise de 1957 à 1990, l’analyse de la presse concernant ce sujet, et de la littérature concernant la Sonacotra sur la même période ainsi que des entretiens réalisés auprès des dirigeants actuels et passés de l’entreprise et d’autres acteurs de cette politique. Ces trois séries de sources ont fait l’objet d’un croisement systématique. Enfin, nous nous sommes servi de diverses sources, fonds d’archives et documentaires spécialisés, qui nous ont permis d’évaluer les types de traitement de cette problématique. Les différents fonds de presse que nous avons pu constituer ou utiliser nous ont permis de mettre en évidence la construction de l’image publique des divers acteurs de cette histoire sociale et politique.

La construction et la gestion de logements-foyers de travailleurs migrants sont le résultat d’une politique mixte visant à la connaissance et au contrôle politique, administratif et social d’une population aux contours flous  : les migrants. À défaut de statistiques et d’autres dispositifs, la Sonacotra a servi à la fois d’instrument d’infiltration, de comptage et de surveillance des collectivités de travailleurs algériens isolés. Ces foyers de travailleurs migrants ont été conçus dans une optique d’accueil temporaire et séparés du reste de la ville. Ils représentent, avant 1975, l’accompagnement résidentiel d’une politique de main-d’œuvre ayant pour objectif la limitation de l’installation durable de ces travailleurs et du regroupement familial de ces derniers.

La dimension interministérielle et mixte (État et patronat) du contrôle de l’entreprise créée et les paradoxes de la politique publique de gestion de l’immigration laissent des marges d’action et d’adaptation, concernant les missions à mener et le choix des populations, aux dirigeants de la société. Ces marges peuvent être envisagées comme la marque d’un triple rôle d’exemplarité, d’expérimentation et de symbolisation dévolu à la Sonacotra dans la conduite d’opérations foncières et immobilières innovantes et de programmes de prise en charge des populations logées ou pour répondre à des situations d’urgence. La diversification des subventions utilisées, des modes opératoires et des types de constructions immobilières accentue le processus de valorisation inégale des différents segments du patrimoine constitué, ce qui provoque progressivement des effets de scission des parcs en fonction de leur valeur, de leur rentabilité et de leur image.

Les populations visées par cette action de la Sonacotra ont réagi soit en montrant leur réticence à occuper les bâtiments construits à leur effet, soit en s’agrégeant, en se cooptant et en s’installant durablement dans les foyers ou encore en cessant le paiement des loyers. Leur émergence progressive comme usagers et acteurs d’une politique publique a réduit les marges d’action des responsables chargés de la mise en œuvre de cette politique. La construction médiatique de la crise urbaine et du phénomène de l’immigration a agi dans le même sens. Après 1975, l’interruption de la politique d’immigration et la diminution du financement public à la construction ont transformé l’objet social de la Sonacotra, de l’action spécifique au logement social banalisé, alors que son patrimoine est resté spécifique, stigmatisé et difficilement transformable. Dans les années 2000, il y avait en France près de 800 foyers de travailleurs migrants  [34] logeant 135 000 personnes environ. La Sonacotra gérait alors plus de 400 foyers accueillant 70 000 résidents répartis dans plus de 250 villes et 55 départements. C’est cet archipel des foyers dont nous proposons de faire la sociohistoire au moment où l’entreprise vient de changer de nom pour devenir Adoma et tenter de tourner la page de la gestion de l’immigration  [35].

HAUT DE PAGE

NOTES

[1] . A. Limousin, « L’histoire de l’immigration en France  : une histoire impossible », Pouvoirs, 47, 1988, C. Topalov, Le Logement en France  : histoire d’une marchandise impossible, Paris, PFNSP, 1987.

[2] . M. Lescure, Les banques, l’État et le marché immobilier en France à l’époque contemporaine, 1820-1940, Paris, EHESS, 1982.

[3] . Nous avons cherché à identifier les « différents acteurs collectifs en conflit autour de chacun des enjeux » et à étudier les « interactions entre les dispositifs et le champ des représentations et des conduites […] ». A.-M. Guillemard, Le déclin du social, Paris, PUF, 1986, pp. 25-26.

[4] . M. Verret envisage cette place de l’ouvrier comme une « conquête » d’abord d’un espace minimal puis des normes d’occupation, de surface et de confort. M. Verret, L’Espace ouvrier, Paris, Armand Colin, 1979. Voir aussi S. Magri et C. Topalov, « Pratiques ouvrières et changements structurels dans l’espace des grandes villes du premier xxe siècle. Quelques hypothèses de recherche » in S. Magri et C. Topalov (dir.), Villes ouvrières, 1900-1950, Paris, L’Harmattan, 1989.

[5] . P. Legendre montre bien l’impact de l’aventure coloniale, notamment algérienne, sur la structuration contemporaine de l’administration française, visant à unifier des entités territoriales et des populations différentes autour d’un centre commun. P. Legendre, Trésor historique de l’État en France, l’administration classique, Paris, Fayard, 1992.

[6] . Dans le cadre de préoccupations hygiénistes et morales, l’action publique de logement social doit permettre à la fois de transformer la société et d’en corriger les inégalités. J.-P. Flamand, Loger le peuple. Essai sur l’histoire du logement social, Paris, La Découverte, 1989.

[7] . « À l’origine de l’habitat, une règle de sélection  : il s’applique aux individus soumis à la légalité et à la morale conjugale, il n’y a pas d’habitat célibataire. », L. Murard, P. Zylberman, Le petit travailleur infatigable. Villes-usines, habitat et intimités au xixe siècle. Paris, Recherches, 1976, pp. 205-206.

[8] . « En 1910 nous avons mis en exploitation l’hôtel populaire hommes avec 743 chambres spécialement destinées aux célibataires hommes  ; c’est la première tentative de ce genre qui vient d’être faite en France. » Cet hôtel est situé au 94, de la rue de Charonne dans le 11e arrondissement de Paris. L’hôtel populaire, Fondation « Groupe des maisons ouvrières », ses immeubles en 1911, Paris, 1912.

[9] . L’hôtel populaire, op. cit., pp. 92 à 139.

[10] . « Les casernes […] présentent l’avantage d’être peu coûteuses, de ne pas occuper trop de places dans l’usine ou à sa proximité immédiate et d’être faciles à surveiller. » C. Devilliers, B. Huet, Le Creusot, naissance et développement d’une ville industrielle, 1782-1914. Paris, Champ Vallon, 1981.

[11] . J.-P. Frey, La ville industrielle et ses urbanités  : la distinction ouvriers, employés, le Creusot, 1870-1930, Sprimont, Mardaga, 1986.

[12] . R. Schor, Histoire de l’immigration en France de la fin du xixe siècle à nos jours, Paris, A. Colin, 1996, pp. 41 et suiv. Pour les différents services de gestion de la main-d’œuvre pendant la Première Guerre mondiale, voir V. Viet, La France immigrée. Construction d’une politique, 1914-1997, Paris, Fayard, 1998, pp. 32 à 36.

[13] . P. Godin, « Notes sur le fonctionnement des services de surveillance, protection et assistance des indigènes nord-africains résidant ou de passage à Paris et dans le département de la Seine », Paris, Imprimerie municipale, 1933, p. 13.

[14] . P. Godin, op. cit., p. 39.

[15] . J.-N. Tarn, Working-Class Housing en 19th Century Britain, London, Lund Humphries, 1971.

[16] . K. Polanyi, La grande transformation, Paris, Gallimard, 1983, [1944], F. Engels, La situation des classes laborieuses en Angleterre, in Œuvres complètes, Paris, Éditions sociales, 1961.

[17] . À la différence de la définition française des étrangers résidant en France, les autres pays européens utilisent plus facilement le terme de « minorité ethnique ». Quatre minorités peuvent exister  : d’abord des citoyens « indigènes » en provenance des anciens pays colonisés ou du Commonwealth, des Indiens ou des Asiatiques pour les Britanniques, des Algériens ou des Africains pour les Français, des Africains ou des aborigènes américains (Surinamiens) pour les Néerlandais, ensuite des citoyens « colons » rapatriés de différentes parties des empires coloniaux ou des territoires sous contrôle, des immigrants économiques soit guest workers, c’est-à-dire invités à immigrer, soit clandestins  ; et enfin, des réfugiés et des demandeurs d’asiles.

[18] . B. Vayssière, Reconstruction-déconstruction, le hard-french ou l’architecture française des trente glorieuses, Paris, Picard, 1988. Le modèle du foyer de jeunes sera pratiquement redécouvert par les Britanniques dans les années 1990 sur la base de l’expérience française en la matière.

[19] . D. Phillips et V. Karn, « Racial Segregation in Britain : Patterns, Process, and Policy Approaches », E. D. Huttman (s.d.), Urban Housing Segregation of Minorities in Western Europe and United States, Durham- London, Duke University Press, 1991, pp. 63 à 91.

[20] . J. van Weesep, « Housing the guestworkers », Europe at the Margins, New Mosaics of Inequality, (s.d.). C. Hadjimichalis and D. Sadler, Chichester, Wiley, 1995, pp. 167 à 194.

[21] . L’Allemagne fédérale connaît aussi durant les années qui suivent la fin de la Seconde Guerre mondiale le retour de personnes d’origine allemande vivant en Pologne, en Roumanie ou en Union Soviétique.

[22] . J. Friedrichs et H. Alpheis, « Housing Segregation of Immigrants in West Germany » Urban Housing Segregation of Minorities in Western Europe and United States, op. cit., pp. 116 à 144.

[23] . A. Power, Hovels to High Rise, State Housing in Europe since 1850, London, Routledge, 1993, pp. 89 à 162.

[24] . A. Saussol et J. Zitomersky, (s.d.), Colonies, territoires, sociétés. L’enjeu français. Paris, L’Harmattan, 1996.

[25] . Pour l’analyse détaillée des caractéristiques des usagers de ce type de bâtiments, se reporter à notre thèse, Une politique de logement, La Sonacotra. (1956-1992). Paris I, Panthéon Sorbonne, (s.d.) A.-M. Guillemard. 1997.

[26] . Au cours de la période étudiée, chacune de ces logiques a été incarnée par des acteurs différents, qui eux-mêmes ont modifié leur mode d’action et d’application. Ces acteurs ne correspondent pas à la stricte répartition de compétences par ministère, pas plus que chaque type de logique ne correspond à un acteur unique.

[27] . M. Fiévet, Le Livre blanc des travailleurs immigrés en foyers, du non-droit au droit, Paris, L’Harmattan, CIEMI, 1999. M. Ginesi-Galano, Les immigrés hors de la cité  : le système d’encadrement dans les foyers (1973-1982), Paris, L’Harmattan, 1984, M.-F. Moulin, Machines à dormir, les foyers neufs de la Sonacotra de l’Adef, et quelques autres, Paris, Maspero, 1976. Pour les pamphlets xénophobes, voir notamment J. Labbez, (préf. J. Servier), Les Soviets des foyers, Paris, Albatroz, 1989.

[28] . Parmi les très nombreux rapports sur le sujet on peut mentionner dans les années 1990  : « Pour une politique des foyers, vers une politique de logement », Rapport annexe pour le Haut conseil à l’intégration, 1991  ; « Le Logement des immigrés », 1994, rapport de la commission Pascal, « Mission parlementaire sur la situation et le devenir des foyers de travailleurs migrants », dit aussi « Rapport Cuq », 1996  ; « Pour une politique concertée de traitement des foyers de travailleurs migrants », rapport d’étape, CILPI, 1999.

[29] . A. Zehraoui, L’immigration, de l’homme seul à la famille, Paris, L’Harmattan, CIEMI, 1994.

[30] . M. Timéra, Les Soninke en France. D’une histoire à l’autre. Karthala, 1996.

[31] . G. Noiriel (s.d.), Le vieillissement des immigrés en région parisienne, FAS, 1993. F. Bas-Théron et M. Michel, « Rapport sur les immigrés vieillissants », IGAS n° 126, 2002.

[32] . M. Blanc, « Le logement des travailleurs immigrés en France  : après le taudis, le foyer et aujourd’hui, le HLM  ? » Espaces et sociétés, 1983, 42, pp. 129 à 140.

[33] . A. Sayad, « Le foyer des sans-familles », L’immigration et les paradoxes de l’altérité, Bruxelles, De Boeck Université, 1991, pp. 79 à 108  ; N. Boumaza, « Les immigrés en foyers  : assignation à résidence, marginalisation spatiale et logique résidentielle » in A. Vant (s.d.), Marginalité sociale, marginalité spatiale, Paris, Éditions du CNRS, 1986, pp. 75 à 84.

[34] . Les foyers de personnes âgées proposent environ 160 000 places en logements-foyers. Les foyers de jeunes travailleurs fournissent plus de 50 000 places (soit 100 000 personnes par an).

[35] . Le changement de nom est intervenu en janvier 2007 à l’occasion du 50e anniversaire de l’entreprise. Il est justifié selon celle-ci « parce que l’acronyme Sonacotra n’a plus de sens » en raison du faible taux de résidents ayant un emploi (30 %), « parce que le nom est connoté et freine le développement », « parce que le nom renferme et cristallise trop d’idées reçues qui génèrent pour les publics logés souvent de la stigmatisation voire de la discrimination ». Le nouveau nom, Adoma, a été élaboré à partir du terme latin domus signifiant maison. Communiqué de presse, Sonacotra, janvier 2007.