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Rada Iveković

Rada Iveković, philosophe et indianiste à la forte formation linguistique, à la démarche politique et féministe, est née à Zagreb en 1945. Elle a fait ses études à Belgrade, Zagreb et à Delhi. Elle a enseigné la philosophie au Département de philosophie de l’Université de Zagreb de 1975 jusqu’en 1991. Après un bref détour par l’Université de Paris-7, elle a enseigné au Département de philosophie de l’Université de Saint-Denis (Paris-8) de 1992-2003. Elle a enseigné à l’Université de Saint-Étienne, a été directrice de programme au Collège international de philosophie, Paris (2004-2010) [activites : http://www.ciph.org/direction.php?e...] où elle continue à enseigner de temps en temps. Elle est l’auteur d’une vingtaine de livres de philosophie, d’indianisme et de contre-indianisme, d’essais variés, de quelques manuels et de nombreux articles, en plusieurs langues.


Fiche auteur détaillée

Rada Iveković est membre de l'Équipe Éditoriale de TERRA

Elle participe au groupe du site web de TERRA Sur le Blog de TERRA :
- Refounding the Nation: Mapuches buried, Miners rescued
(16 oct. 2010)
- Par delà la dichotomie du prométhéisme ou de la passivité Responsabilité, culpabilité, passivité (16 sept. 2010)

Publications

A paraître/forthcoming :

  • Uses and Misuses of Reason, Zubaan – Kali for Women, New Delhi .
  • Paradoxes de la souveraineté. Le charme discret des bouddhismes, Klincksieck, Paris .
  • Plusieurs livre à publier à la recherche d’éditeurs (en anglais et en français) ; voir le descriptif ainsi que les chapitres de A Politics of Philosophy sur le site Partage de la raison. Il s’agit d’un travail en vue de la révolution épistémologique à venir, poursuivi également dans plusieurs articles.
  • A book in English, among several others waiting for a publisher, in view of the epistemological revolution to come ; see a synopsis and the chapters on : http://radaivekovicunblogfr.unblog.fr/, A Politics of Philosophy.

Quelques ouvrages en français

  • Orients : critique de la raison postmoderne, Paris, Blandin, 1992
  • La Croatie depuis l’effrondrement de la Yugoslavie, Paris : L’Harmattan, 1994
  • Le Sexe de la philosophie. Jean-François Lyotard et le féminin, Paris, L’Harmattan, 1997 ; LIRE

    • Bénarès. Essai d’Inde, traduit du serbocroate par Mireille Robin, Paris, LIRE

    • "Quel sujet du politique ?" Rue Descartes n° 67 : Quel sujet du politique ? Sous la responsabilité de Gabriela Basterra, Rada Ivekovic et Boyan Manchev LIRE Article de Rada Iveković dans ce numéro : "Subjectivation, traduction, justice cognitive"
    • Les citoyens manquant (2005-2009), livre d’essai inédit à lire sur le site LIRE

    Quelques ouvrages en anglais / A few titles in English

    • TERROR, TERRORISM, States & Societies. A Historical and Philosophical Approach, dir. par Samir KUMAR DAS et Rada IVEKOVIC (Editions : Women Unlimited – Kali for Women, Delhi, India 2009), livre collectif issu du colloque sur la Terreur (CIPh 2006). “Les directeurs de publication du livre collectif Terror, Terrorism, State & Societies. A Historical and Philosophical Approach aimeraient remercier le Collège international de philosophie, sa revue Rue Descartes no. 62 « Terreurs et terrorismes » (2008) qui lui est complémentaire ainsi que le Calcutta Research Group qui ont co-organisé un colloque sur la terreur et le terrorisme à Paris en 2006, auquel une première version de certains des articles de ce livre doit son origine, avec l’assistance des revues Transeuropéennes à Paris et Naqd à Alger. Ce livre présente des articles variés, originaux et inédits, voulant dépasser les clichés, et jette un regard neuf sur la terreur. Il s’intéresse au fait que la distinction entre différentes formes de violence ait été oblitérée par le terme général de “terrorisme” et par la pratique d’appeler “terroristes” indistinctement des catégories diverses de personnes, ceux qui ont commis des actes individuels ou de groupe graves, éventuellement idéologiques, comme ceux qu’un pouvoir souhaite par avance disqualifier et rendre à l’illégitimité. Il tente de dépasser le huis clos et l’agencement normatif et dichotomique Etat-terroristes en étudiant, à partir d’exemples très divers, la possibilité de traduire la violence. Les auteurs de ce recueil sont : V. Alfonso da Silva, P. Banerjee, D. Bigo, P.K. Bose, A. Brossat, B. Chourou, S.K. Das, I. Ditchev, D. Djerbal, A. Magun, B. Manchev, F. Naishtat, Sh. Rouse, R. Saigol, R. Samaddar, S. Wright.”
    • 2005 : "The Fiction of Gender Constructing the Fiction of Nation : On How Fictions Are Normative, and Norms Produce Exceptions." Anthropological Yearbook of European Cultures 2005 (Gender and Nation in South Eastern Europe), 19-38.
    • 2005 : (conférence Polemos, Stasis ... War, Civil War, 24-27 June 2005, National Chiao Tung University, Taiwan : Center for Humanities and Social Theory) : "Borders and Partitions : Exception as Space and Time."
    • 2005 : S. Bianchini, S. Chaturvedi, R. Ivekovic, R. Samaddar, Partitions. Reshaping States and Minds, London, Routledge Frank Cass (un chapitre par auteur, dont Chapitre 2. “Partition as a form of transition” par R. Ivekovic, pp. 13-47) ; 2007 : Reprint Delhi, Routledge India. Info : Read this book/Lire ce livre : http://avaxhome.ws/ebooks/history_m...
    • 2005 : Captive Gender. Ethnic Stereotypes & Cultural Boundaries, Delhi, Kali for Women – Women Unlimited.
    • 2004 : "Commentary - The Veil in France : Secularism, Nation, Women." Economic and political weekly : a Sameeksha Trust publication. Vol. 39, 11, 1117-1119.

    Ouvrages en allemand /Auf Deutsch

    • 2001 : Autopsie des Balkans. Ein psychopolitischer Essay, Graz, Droschl. Rédigé en français, ce livre n’est publié qu’en italien et en allemand. Pour lire le livre en français Essai de psychopolitique Pulb. allemande :
    • 1993 : Jugoslawischer Salat, Graz, Droschl.
    • 1993 : Rada Iveković, Biljana Jovanović, Marusa Krese, Radmila Lazić, Briefe von Frauen über Krieg und Nationalismus, Frankfurt a/M.-BerlinEdition Suhrkamp. Original serbocroate, première édition en allemand.
    • 1993 : Benares. Ein Essay aus Indien, Graz, Verlag Droschl. Original serbocroate. Original serbocroate. V. traduction française :

    Quelques livres de littérature, philosophie, essais allant jusqu’en 1990 existent en serbocroate, parfois repris en d’autres langues (sans compter les ouvrages "dirigés par R.I.")

    • Rana budisticka misao (Première pensée bouddhique), Sarajevo : V. Maslesa, 1977 ; 152 pages.
    • Indijska i iranska etika (Ethique indienne et iranienne), en collaboration avec Cedomil Veljacić, Sarajevo : Svjetlost, 1980 ; 573 pages.
    • Pregled indijske filozofije (Aperçu de la philosophie indienne), Zagreb : Biblioteka FM Zavoda za filozofiju, 1981 ; 653 pages.
    • Druga Indija (Une autre Inde), Zagreb : Skolska knjiga, 1982 ; 204 pages.
    • Indija - Fragmenti osamdesetih. Filozofija i srodne discipline (Inde - Fragments des années quatre-vingt. Philosophie et disciplines apparentées), Zagreb : Biblioteka FI, 1989 ; 226 pages.
    • Benares. Esej iz Indije, Zagreb : GZH, 1990 (existe en allemand et en français LIRE)
    • Vjetar ide na jug i obrće se na sjever, Beograd : Radio B92, Apatridi, 1994, 320 pages (un échange de lettres sur la guerre, en collaboration avec Biljana Jovanović, Marusa Krese, Radmila Lazić). Premiere version publiee en allemand : Briefe von Frauen über Krieg und Nationalismus. Il existe une version d’extraits traduits en hongrois depuis le serbocroate par Klara Potoczki in "Replika" 30, juin 1998, pp. 117-176.
    • EEJI - Epistolarni eseji (Essais épistolaires), en collaboration avec Bogdan Bogdanović, Belgrade : Prosveta 1986, 199 pages.
    • Sporost - oporost (Lenteur-amertume), Zagreb : GZH, 1988, 147 pages (il s’agit d’une biographie intellectuelle de la génération de l’auteure).

    Lire en ligne quelques articles et en plusieurs langues

    • “Subjectivation, traduction, justice cognitive”, Rue Descartes n. 67/2010, “Quel sujet du politique ?” dirigé par G. Basterra, R. Ivekovic, B. Manchev, pp. 43-50 : http://www.cairn.info/resume.php?ID...
    • “The watershed of Modernity : translation and the epistemological revolution” Inter-Asia Cultural Studies, Volume 11 Issue 1, March 2010 pp. 45-63 (Routledge, Taylor & Frances), http://www.tandfonline.com/doi/abs/...
    • « Tradurre la violenza di genere », in Deportate, Esuli, Profughe (DEP). Rivista telematica di studi sulla memoria femminile, n° 10, 2009, pp. 144-153, http://www.unive.it/nqcontent.cfm?a...
    • « La révolution épistémologique nécessaire », La rose de personne/La rosa di nessuno, 5/2010, pp. 213-224.
    • "Translating Borders/Traduire les frontières. Borders in the mind/partage de la raison" http://www.einaudi.cornell.edu/fren... Communication présentée au colloque « Situations postcoloniales et régimes de sexe » organisé par Anne Berger et Eleni Varikas à Paris-8 (Centre d’études féminines et d’études de genre en collaboration avec Cornell) les 28-31 mai 2008. Une version définitive de ce texte est est due dans le livre collectif aux Editions des Archives Contemporaines.
    • Editorial pour “Traduire la violence de la plèbe” & choix de textes par R. Iveković : http://translate.eipcp.net/transver... The editorial is available in slolightly differing French and English versions, while the collected papers can be read in different languages. Le rôle de traductrices incombe historiquement le plus souvent aux femmes, un rôle aussi important que non reconnu. La condition inconfortable et cependant constitutive pour la culture de la traductrice (au sens large) elle-même traduite, ou de la médiatrice, comme toute exclusion constitutive, a d’un côté permis la transformation des institutions par l’intégration, et d’autre part la création de savoirs parallèles hors institutions.
    • « De la traductrion permanente » http://translate.eipcp.net/transver... Ce texte de Transeuropéennes n. 22 est accessible en anglais, allemand, français : Doit-on inévitablement envisager la traductibilité ou l’intraductibilité entre deux termes comme diamétralement opposées l’une à l’autre ? N’y a-t-il pas de voie médiane ou désaxée par rapport à cette dichotomie ? Il reste nécessairement de l’intraduirt.
    • « Transborder translating » http://www.eurozine.com/articles/20... Accessible en angalis et suédois/Available in Swedish and in English : Translation is a form of resistance, but also "the original mother tongue of humankind". With a a broad interpretaion of the concept of translation, Rada Ivekovic looks at the principles, concepts and symbolic values of borders and boundaries.
    • « Política de la traducción. Ponerse en traducción » http://www.javierortiz.net/voz/samu... Ninguna duda sobre el hecho de que la lengua de Europa, como toda lengua en el fondo, es la traducción, y que las lenguas se llevan y se acogen las unas a las otras. El multilingüismo, antes de ser el acceso a diversas lenguas, es la acogida de una lengua por otra y el hecho de que las lenguas se atraviesan. Ce texte a été d’abord rédigé en français et publie dans Crosswords :
    • « Se mettre en traduction » http://xwords.fr/blog/axis1/49 Aucun doute sur le fait que la langue de l’Europe, comme toute langue au fond, est la traduction, et que les langues se portent et s’accueillent l’une l’autre. La traduction sera alors à la fois inévitable et « impossible » et, en tout cas, elle reste à jamais insuffisante.
    • « Translating Borders. Limits of Nationalism, Transnationalism, Translationalism », text in English, French, German. http://eipcp.net/transversal/0608 Bien que délimitant des espaces dits « culturels », toutes les limites sont par définition politiques. La traduction elle-même est politique et contextuelle, elle se fait dans le cadre de la globalisation et sur fond de partage de la raison, qui est une autre manière de définir le politique. / Though they may demarcate spaces called “cultural”, all limits are by definition political. Borders multiply within and beyond states, across the spaces they are supposed to delineate ; they may be social, political, legal, economic or otherwise beyond territoriality. Translation itself is political and contextual : it happens within globalisation and against the backdrop of partage de la raison, which is another way of stating the political.
    • "Nata in Babilonia / Place of birth : Babel" http://eipcp.net/transversal/0908/i... Available in English, Chinese Serbocroatian, German : Rendering the context is a different thing altogether than word-by-word translation (which is inadequate in any case), quite apart from the fact that any translation is personal and also that it is always and by definition insufficient, or partly inadequate, though necessary. So translators have engaged in presenting an indispensable cultural context that is lacking in – or substantially different from – the culture-language into which they are translating, into which to usher the textual translation. But the context, even more than a text or a translation, is a conjecture informed by so many things, personal, cultural, historic. A sentence, or a word, can refer to innumerable contexts and meanings or “regimes of sentences” as J-F. Lyotard would have it. The regime itself is indefinable, indefinite, although a regime is inevitable.
    • « Terror/ism as the Political or as Heterogeneity » http://www.accedit.com/auteur.php?id=82 Whlie the intergal English version is available on the Accedit site, an extensive French translation can be read in Naqd n. 24, 2007, is forthcoming in Contre-Attaques (2010) and a shortened version in Rue Descartes n. 62 (see further). Dans le langage politique international, les termes “terreur” et ”terrorisme” se sont peu à peu substitués l’un à l’autre, prêtant à confusion. Ceci est dû en grande partie à la paranoïa instituée depuis les attentats spectaculaires du 11 septembre 2001, moment refondateur de l’histoire contemporaine Voir une version écourtée de ce texte en français dans la revue Rue Descartes n° 62, 2008, pp 68-78, ainsi qu’une version longue dans Naqd 24 et une autre remise à jour dans Contre-Attaques. Perspective 2 : Jean-Marc Rouillan -« Terreurs et traductions », sous la dir. d’Alain Jugnon, Paris-Marseille, Al Dante 2011, pp. 131-169. / In international political language, within the framework of globalisation, there is nowadays a new and reversed usage of the terms and concepts “terror” and “terrorism”. I shall analyse these new meanings in political discourse as well as their implications in international politics. / Voir : « Terreurs et terrorismes », Rue Descartes n° 62/2008 : http://www.ciph.org/blog/?p=149 A collective book has come out of this project : Terror, Terrorism, States, Societies, ed. by R. Ivekovic & Samir Kumar Das, Calcutta Research Group, Delhi - Kolkata 2009. Pour voir l’image de l’edition indienne en anglais, dérouler la meme page en dessous de celle de l’edition francaise./To see the cover page downscroll the same, and see the publications of the Calcutta Research group http://www.mcrg.ac.in/bk.htm & http://www.samskritibookshelf.com/b...

Enseignements

Séminaire au College international de philosophie (Paris) à l’automne 2011 : Défaire le cadre national des savoirs. Une tentative de traduction :

20 oct 2011 : R. Iveković, Introduction : La nation en Asie

21 oct 2011 : séance avec Alain Brossat, professeur émerite, Univ. Paris-8 : Quand Foucault dit ‘nous’

16 nov. R. Iveković, La fin de la guerre froide coïncide avec la condition postcoloniale dans la mondialisation

17 nov, séance avec Nadia Tazi, DP, CIPh, Le réveil arabe et la nation mâle et avec Susana Villavicencio, Université de Buenos Aires, sur la nation en Amérique latine

28 nov, séance avec Joelle Marelli, DP, CIPh, réseau TERRA, ”Qu’est-ce qu’un juif ?” Une passion des Lumières.

30 nov 2011 : R. Iveković, Souverainetés et subjectivités ; épuisement du modèle westphalien : quoi après ?

Les textes du séminaire sont provisoirement affichés sur la "Page des programmes heberges" de TERRA : http://www.reseau-terra.eu/article1... http://www.ciph.org/activites.php?r...

Précédemment, enseignements de philosophies principalement aux universités de Zagreb, de Paris-VIII, de Saint-Étienne et, de 2004-2010, directrice de Programme au Collège international de philosophie (Paris). Nombreuses invitations à d’autres universités.

Responsabilités

Coorganisation les 7-8 nov.2011 (avec Ghislaine Glasson Deschaumes, Jérome Valluy et Eleni Varikas) du colloque international Construction des savoirs en mondialisation. Changement de paradigmes cognitifs

http://www.reseau-terra.eu http://www.ciph.org/activites.php?r... http://www.transeuropeennes.eu/en/7...

Lieu : Agence universitaire de la francophonie, 4 Place de la Sorbonne, 75011-Paris.

Le 7 novembre de 9h-18h30 Le 8 novembre de 10h-20h30.

Intervenants : Françoise Balibar (émérite de l’Université Paris Diderot-Paris 7), Étienne Balibar (University of California, Irvine ; émérite Paris 10-Nanterre), Marie-Claire Caloz-Tschopp (émérite de l’Université de Lausanne, CIPh), Isabelle Clair (GTM-CRESPPA-CNRS), Jules Falquet (Université Paris 7), Geetha Ganapathy-Doré (Université Paris 13), Ghislaine Glasson Deschaumes (ISP-CNRS, Transeuropéennes), Sophie Gosselin (artiste et philosophe, doctorante Université de Strasbourg), Éric Guichard (CIPh), Stefano Harney (Queen Mary, University of London), Rada Iveković (réseau TERRA ; Transeuropéennes), Milena Jakšić (sociologue), Jie-Hyun Lim (Université Hanyang, Seoul), Michael Löwy (émérite du CNRS), Paul Mathias (ancien directeur de programme au CIPh, Inspecteur général de l’éducation nationale/groupe de philosophie), Sandro Mezzadra (Université de Bologne), Rastko Močnik (Université de Ljubljana), Yann Moulier Boutang (professeur invité à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture Paris-Malaquais), Brett Neilson (University of Western Sydney), Ned Rossiter (University of Western Sydney), Naoki Sakai (Cornell University), Maria Eleonora Sanna (Groupe Sociétés Religions Laïcités, CNRS), Jon Solomon (Université de Lyon 3), Martine Spensky, (Emérite de l’Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand), Jérôme Valluy (Université Paris 1, Costech-UTC), Eleni Varikas (GTM-CRESPPA-CNRS et Université Paris-8), Soenke Zehle (Hochschule der Bildenden Künste, Saarbrücken).

Parcours

  • Lycée à Belgrade, études à l’université de Zagreb et, de 1970 à 1973 - études de la philosophie bouddhiste à l’université de Delhi (doctorat 1972).
  • Habilitation à diriger la recherche de l’Université de Paris-8, 1993.

Brève présentation de son parcours de recherche sur genre, nation, subjectivations par R. Iveković :

Pour voir les pages de garde des livres, http://ciph.org/blog/?p=158, en deroulant vers le bas de page du blog du CIPh.

J’ai travaillé pendant plusieurs années, entre les disciplines, sur le rapport entre la construction de la nation et le genre ou la différence des sexes ; il en est résulté plusieurs articles puis deux livres en français publiés chez deux différents éditeurs, en plus de publications en d’autres langues. Mon intérêt pour cette thématique venait de mon expérience personnelle de la partition, autre sujet qui a retenu mon attention pendant longtemps.

Les deux s’inscrivent pour moi dans la recherche sur le partage de la raison. Le sexe n’est en effet qu’une scission première de/dans la pensée, un partage de la raison avant qu’elle ne (se) réfléchisse. On peut douter qu’il existe (au delà du biologique) en dehors des fantasmes et de la construction hétérosexuelle normative, productrice de clivages, ou bien sûr de l’expérience intime. Du sexe biologique qui ne nous est accessible qu’informé par la culture à l’écart social et politique entre les sexes, il y a un saut de dimensions : de l’imaginaire au réel, ou déjà du normatif au vécu. Or c’est en tant que partage de la raison que le sexe marque la citoyenneté et la nation, dont il maintient et reproduit les hiérarchies ; car la subordination des femmes les fonde l’une aussi bien que l’autre.

Le principe de maintien de l’identité, autrement dit – la souveraineté – immobilise. Il opère l’autofondation du propre par le partage de la raison. Les constructions telles que la différence des sexes, la nation, sont instrumentales à cet effet, et interdépendantes. Mais la conservation de la continuité est faite d’interruptions. De sorte que le prix de la communauté (sous l’égide de l’un-ego) est paradoxalement – ce qui sépare. Cette scission est la condition même de la communauté.

La différence des sexes est un tel « premier » différend, constitutif de la communauté et de la nation. Il est inquiétant de le voir continuer à être instrumental aux technologies du pouvoir même dans les conditions nouvelles – celles où la souveraineté fait place à la « gouvernance » dans un monde toujours plus éclaté. Nous sommes désormais dans la mondialisation accomplie. Quel est l’« au-delà » de la souveraineté ? C’est la surabondance de soi, un excès d’ego.

La politique est, sous cet aspect là, passion (une passion de soi-même) et « homodoxie ». Il n’est pas étonnant alors que la sexualité soit un enjeu de pouvoir pouvant aller jusqu’à sacraliser la domination dans de très différents régimes de technologie des pouvoirs. Mais la « différence des sexes », et plus encore le « genre », ne sont qu’une forme – fondamentale, car normative – du partage de la raison (qui traverse tous les régimes de pouvoir) ; ou de son arrêt. Ils sont ontologiquement « faibles », d’où leur caractère rituel, directif, suppléant à leur manque de substance.

Le sexe est une idée forte, constituante de l’« identité » sexuelle comme de toute identité. Il est cependant instrumental en tant que technologie du pouvoir justement, et ceci à tous les niveaux, y compris dans les partitions et balkanisations qui déchirent les esprits, les espaces politiques, les territoires ler corps et les "âmes". C’est ainsi que le lien se fait tout naturellement, dans ce travail, entre sexes/genres et Etats, entre guerres des sexes, guerres civiles ou guerres tout court, puisque la sexuation et le genre sont au cœur de la subjectivation et du politique.

Le sex/genre est également instrumental de nos jours dans la construction des inquiétants identitarismes racialisants qui font suite – en tant qu’autant de « remèdes » désespérés - à la fragmentation sociale, aux violences, aux guerres et aux migrations de masse opérées par l’économie néolibérale mondiale et l’oubli de la politique.