REVUE Asylon(s)
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Sous la direction de
Observ.i.x
mai 2008
L’Observatoire de l’institutionnalisation de la xénophobie (Observ.i.x) est un collectif de chercheurs en sciences de l’humain et de la société créé face aux amalgames gouvernementaux de l’identité nationale et de l’immigration. Il vise à favoriser l’autonomie de la production intellectuelle, des savoirs scientifiques et de leur diffusion en ce qui concerne l’érosion des perceptions humanistes de l’altérité et la stigmatisation de l’étranger comme problème, risque ou menace dans le fonctionnement ordinaire d’autorités instituées (ministérielles, administratives, judiciaires, médiatiques, scientifiques, intellectuelles, scolaires, économiques, partisanes, associatives...). Il étudie également le développement de la xénophobie dans l’ensemble de la population sous l’effet des discours et des actes de ces autorités.
Cette publication est le résultat de réunions de travail entre les chercheurs de l’observatoire, appels publics à contributions et sélections de textes par le Groupe de Pilotage de l’observatoire. Le fonctionnement de l’observatoire et les adresses électroniques des membres du Groupe de Pilotage sont à cette adresse : http://observix.lautre.net/spip.php...
L’institutionnalisation de la xénophobie, à la fin du XXème siècle est liée à des transferts de différents dispositifs juridiques, politiques, éducatifs, médicaux, sociaux ou urbanistiques - cette liste n’est pas exhaustive - élaborés et mis en oeuvre dans les colonies puis appliqués en métropole aux "colonisés immigrés" puis, après les indépendances, aux immigrés. Ces transferts de la colonisation à la lutte antimigratoire sont d’autant plus efficients qu’ils prennent place dans une culture politique façonnée, dans son rapport aux étrangers, par des décennies de justifications intellectuelles et politiques de la colonisation, des présentations dévalorisantes des populations colonisées et d’une inconscience mémorielle durablement entretenue, dans les métropoles, de cette histoire toujours actuelle du fait colonial.
Black History Month et Journée de Célébration. L’institutionnalisation de la mémoire de la Traite Négrière, de l’esclavage et de son abolition aux Etats-Unis et en France à partir du calendrier
Quelle conscience postcoloniale française ? L’exemple du débat politique et intellectuel autour de la mémoire coloniale
Droit de vote : de l’exclusion des indigènes colonisés à celle des immigrés
Colonisés-immigrés et “périls migratoires” : origines et permanence du racisme et d’une xénophobie d’Etat
L’immigration organisée. Construction et inflexions d’une matrice de politique publique (1910-1930)
Purifier le territoire. De la lutte antimigratoire comme laboratoire sécuritaire (1968-1974)
La Corse, une figure rhétorique du racisme
Politique migratoire et instrumentalisation de la question du genre en contexte post-colonial.
Le cas des ’’mariages forcés’’
En relation avec des phobies antimigratoires qui s’amplifient, les identités sociales de certaines catégories de personnes, perçues comme immigrées, sont de plus en plus stigmatisées tant par les acteurs gouvernementaux que par les citoyens ordinaires, comme à l’origine d’un problème public, qui est moins celui de l’identité nationale que de l’altérité sociale. En ce sens, l’institutionnalisation de la xénophobie, est une convergence de discours publics et d’actions publiques qui tout en désignant ces différences comme des sources de perturbations et de conflictualités au sein de la société exacerbent les processus sociaux de différentiation et de mise en opposition des identités sociales multiples qui composent toute société.
Le paria politique : constructions cinématographiques d’une altérité apyre et anthropologie différentialiste aux Etats-Unis
La question de la langue comme instrument de la violence institutionnelle
Le problème de l’origine étrangère. Entre nature et culture - Catégorisation et problématisation de la question de l’origine étrangère dans les discours publics
L’immigration étrangère en Guyane : entre stigmatisation et stratégie de récupération
Les Roms de Seine-Saint-Denis. Un éternel provisoire
Les savants « héritiers de l’immigration » : un problème ? Controverses autour de la mobilisation pour un « collège Abdelmalek Sayad »
Quelle place pour qui dans les entreprises françaises ? - La « diversité » : un cache-sexe pour des représentations raciales
L’institutionnalisation de la xénophobie semble dépendre, pour une part au moins, des productions intellectuelles, journalistiques, scientifiques et pédagogiques en ce qu’elles donnent à voir ou au contraire occultent du rapport à l’étranger au cours de notre histoire et dans la participation qu’elles peuvent avoir à la construction de l’étranger comme problème, risque ou menace. Cette tendance d’une culture politique plonge ses racines dans les écrits présentés aux enfants dès l’école, dans les théories qui guident les analyses gouvernementales, dans les images médiatiques qui façonnent l’opinion publique.
Images de l’Autre dans les manuels scolaires d’Histoire et de Géographie des années 1950 au début des années 1980 - Vision d’une génération ?
L’école et l’altérité : crispation identitaire et crispation institutionnelle
La « mauvaise langue » des « ghettos linguistiques » : la glottophobie française, une xénophobie qui s’ignore
Traduire les frontières. Langue maternelle et langue nationale
L’Ecole de Copenhague en Relations Internationales et la notion de « sécurité sociétale ». Une théorie à la manière d’Huntington
De l’application professionnelle des routines journalistiques à la production du racisme ordinaire La couverture de l’affaire du foulard islamique par les médias d’élite français (avril 2003- mars 2004)
La candidature Turque et la construction subjective d’un « autre » à la communauté des européens : une analyse systématique des discours de la presse en France, en Belgique et en Grande-Bretagne.
Circulations entre catégories du sens commun, catégories administratives, catégories statistiques : à propos du débat sur les statistiques ethniques
Dans le processus historique d’institutionnalisation de la xénophobie, l’action publique joue un rôle majeur dont les effets ne se mesurent pas principalement à l’aune des critères technocratiques d’évaluation des politiques publiques, mais de leurs effets idéologiques produits dans la société : les politiques publiques, en présentant comme « techniques » les solutions à des problèmes posés comme implicitement « évidents », imposent des idéologies aussi fortement que certains partis politiques. Elles imposent notamment certaines définitions de problèmes publiques en particulier celle de l’étranger surnuméraire comme un problème, un risque ou une menace pour la société.
La situation juridique de l’étranger en France ou l’insécurité juridique comme moyen de régulation de l’immigration
La catégorie en droit des étrangers : une technique au service d’une politique de contrôle des étrangers
Politique de diversité ou politique de diversion ? Du paradigme public de lutte contre les discriminations à sa déqualification juridique
De SONACOTRA à ADOMA (1992-2006). Eléments de cartographie des nouvelles institutions de gestion de l’immigration et de l’intégration
Flexi-insécurité dans un secteur en tension : processus de segmentation statutaire et ethnique du marché des saisonniers étrangers dans l’agriculture
La négociation de la politique européenne en matière d’asile. Enjeux, luttes et dynamiques institutionnelles
L’« européanisation » des politiques d’asile en Amérique du nord
L’étranger rendu visible au Maghreb - La voie ouverte à la transposition des politiques juridiques migratoires européennes
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